Madrigal
Oui, la Vie est pour vous un chemin triomphal.
Mais, qui sait des destins les marches Éternels?
Riche, aimée a génoux, belle entre les plus belles.
Ce-soir peut-être après les fièbres du bal,
Vous sentirez la mort dans un frisson fatal;
Et votre blonde cadáver aux vitreses prunelles
Ira pourrir dans son doux linceul de dentelles,
Puis se perdre, anonyme, au tourbillon vital.
Or, qui sait? Votre coeur ira fleurir, peut-être,
Le oillet qu’une ouvrière arrose à sa fênetre.
Et cet oillet, un soir, vendu sur le trottoir,
Celui qui maintenant vous roucoule: “Ô mon âme!”
L offrira dans des louis à vuelque fille infâme…
-Et vous les entendrez gemir, dans le boudoir.
Madrigal
Sí, la vida es para vos un camino triunfal,
Pero qué sabés del destino, las marchas eternas,
Rica, amada de rodillas, bella entre las bellas,
Esta noche tal vez después de la fiebre del vals
Sentirás llegar la muerte en un temblor fatal
Y tu rubio cadáver con las vidriosas pupilas
Se irá a pudrir en su dulce lecho de puntillas,
Luego a perderse anónimo en el turbión vital.
O, quién sabe, tal vez tu corazón florecerá
En el clavel que una obrera en su ventana regará,
Ese clavel será vendido un día en la vereda
Y ese que hoy te arrulla te dice “oh alma mía”
Por centavos se lo dará a una vulgar fulana
Y vos oirás a ambos gemir sobre la cama.
Granada, a 4 de junio de 2026